Alors qu'un peu de temps est passé depuis les élections municipales et cantonales, essayons de distinguer les conséquences de ces scrutins sur le physionomie de l'agglomération rochelaise.
Dans le ville-centre, ce sont les élections municipales qui sont riches d'enseignement. Malgré la présence de 3 listes d'extrême-gauche totalisant 6% Maxime Bono a été réélu au premier tour avec
près de 58% des voix. Parallèlement les scores des listes d'opposition sont bas comme prévu. Le Modem obtient 2 sièges et la liste UMP 6. Sur le papier c'est un meilleur résultat que la dernière
fois. En réalité, il est difficile de masquer l'étendue du désastre. Un an après avoir obtenu près de 45% lors d'une élection législative au lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy, le score
de la liste UMP est une sanction sans appel contre les méthodes et les personnalités qui dirigent la liste UMP. Plus que jamais la recomposition de l'opposition rochelaise est urgente.
Le Modem est stable par rapport au scrutin législatif ce qui est une bonne performance probablement aidée par la faiblesse de la liste UMP.
Ce qui est plus grave c'est que les scrutins municipaux de l'agglomération ont vu les listes de Gauche progresser et ne laisser que peu de place à l'opposition. Bien sûr ce scrutin se déroulait
dans un vent de mécontentement qui a sans doute joué contre l'opposition. Néanmoins, l'analyse plus fine des scores montre une abstention record avec une diminution des voix de Droite sans
progression notable des voix de Gauche. C'est bien la droite qui a perdu ces élections. Tout se passe comme si la mauvaise image de l'opposition rochelaise rejaillissait sur les listes de la
périphérie.
La Rochelle et son agglomération sont donc durablement ancrés à Gauche et l'on voit mal dans l'immédiat comment échapper à cette réalité.
Il est temps de se rassembler pour peser sur le débat local d'abord au sein de l'opposition avant d'espérer disputer la place aux socialistes. C'est un long chemin qu'il faudra accomplir.
Un tract anonyme intitulé "Voter Morvant c'est voter perdant" a été distribué pendant la campagne électorale. Malgré la rumeur, je n'en suis pas l'auteur et n'ai d'aucune manière participé de
près ou de loin à cette action. L'association Vigilance n'est pas non plus mélée à cette affaire.
Afin que l'on cesse de répandre cette rumeur, j'ai envoyé le mail ci-après à Madame Morvant. Malgré les critiques sévères que j'ai pu formuler à son encontre, je réprouve ce tract et son
contenu.
Il contient des appels à rayer les bulletins de vote qui sont indignes de toute personne voulant s'impliquer dans la politique.
R.Douard
E.mail à Madame Dominique Morvant du 19 mars 2008
Madame,
Contrairement à ce que vous croyez et à ce que vous répandez dans la ville, je n'ai jamais écrit ou distribué (ou fait distribuer) de tract anonyme vous concernant (ou sur tout autre
sujet d'ailleurs). La lecture de ce tract est limpide quant à son auteur. Les appels à rayer les bulletins de vote sont indignes d'une personne voulant s'impliquer dans l'action politique.
M'associer à l'écriture de ce tract est particulièrement insultant.
Je vous signale que répandre une fausse nouvelle est un délit. Je n'hésiterai pas à porter plainte pour diffamation.
Recevez, Madame, mes salutations attristées
Richard Douard
Après 9 mois de présidence de Nicolas Sarkozy, nombreux sont ceux qui s'interrogent sur la dynamique de réforme attendue par tous. Libéraliser le pays pour rendre un peu de compétitivité à notre
pays, rompre avec les rigidités dans le mode du travail, éponger les déficits tels étaient les réformes que beaucoup attendaient. Je suis de ceux qui attendaient ces réformes. Bien sûr des choses
ont été faites mais l'électrochoc attendu n'est pas encore venu. La réforme des universités a été incomplète, la réduction du nombre de fonctionnaires s'est heurtée à l'absence de réformes
structurelles. De même au niveau territorial, il n'est envisagé que du bout des lèvres la possibilité de réduire le nombre d'échelons d'administrations. Le rapport Attali a fait scandale alors
qu'il contient des idées connues et validées depuis plus de vingt ans. La libéralisation du marché des taxis a été appliquée dans d'autres pays il y a plus de vingt ans. Le processus de
réforme est donc lent perdant son nom de rupture pour celui d'inflexion douce.
En pratique la France reste anti-libérale et refuse, de fait, le seul traitement qui peut la soigner. Faute de l'appliquer avec la vigueur suffisante, le moment n'est-il pas passé
d'appliquer le remède? Les distributions pré-électorales (personnes âgées, pêcheurs...) répondent à des problèmes spécifiques mais la redistribution d'argent emprunté est une solution à court
terme avec laquelle nous souhaitions rompre. C'est le retour des vieilles recettes appliquées à outrance par les Chirac, Raffarrin, De Villepin en leur temps.
Perdre des élections par excès de réformes serait une bonne nouvelle mais ce qui va arriver c'est la perte des élections faute de réformes suffisantes.
Cette déception ne se fait pas jour qu'à Droite. A Gauche nombreux espéraient des changements même de la part d'un candidat pour lesquels ils ne pouvaient pas et ne voulaient pas voter. En
effet, quand la situation est très grave, on espère le salut même de ceux que l'on ne soutient pas. Cette déception d'opposants je l'observe parmi mes étudiants dont beaucoup n'ont pas voté
Sarkozy.
Lors de la campagne, Nicolas Sarkozy a été présenté par tous les analystes comme le seul à pouvoir réformer le pays, c'est encore le seul à pouvoir le faire mais l'espoir que ces réformes
arrivent s'amenuise chaque jour. Embourbé dans des gadgets (Nouvelle façon d'aborder la mémoire de la Shoa à l'école...) on voit mal se profiler la rupture annoncée.
En pratique, la Gauche reste paralysée par son incapacité à rompre avec l'anti-libéralisme, mais c'est aussi le problème de la Droite. Une classe politique incapable de faire ce qui est
nécessaire, voilà ce que nous observons.
Que reste-t-il donc à ceux qui veulent rompre avec le déclin français pour se faire entendre? Le prochain scrutin ne changera rien à ce constat tant le pouvoir territorial est englué dans le
nombre excessif de niveaux d'administration. Elire une Gauche sans idée ou reconduire une Droite sans courage quel choix?
Il reste à refonder une Droite ayant du courage, souhaitons que notre Premier Ministre puisse en être le socle.
par Richard Douard
publié dans :
Opinion
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