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Je m'appelle Richard Douard, marié 37 ans. Chirurgien digestif universitaire de mon état, je me suis engagé en politique depuis 5 ans pour participer au renouvellement et à la reconstruction de l'opposition rochelaise.
Fondateur de la Tribune Rochelaise, j'ai été candidat indépendant (Divers Droite) aux élections législatives de juin 2007 dans la 1ère circonscription de Charente Maritime (La Rochelle-Ré).

 

Mardi 3 avril 2007

L’enjeu des présidentielles est particulièrement important; il est lié à l’histoire récente. Notre pays est confronté depuis le milieu des années 70 à une crise structurelle qu’elle n’a pas su gérer comme la plupart des crises du vingtième siècle. Le monde change et le dirigisme économique en vigueur depuis la deuxième guerre mondiale n’est plus adapté à notre époque. La France est (à part l’Italie) le dernier grand pays à ne pas s’être réformé. Le Royaume-Uni de Madame Thatcher, dont la France prospère des années 70 se moquait, a fait sa révolution et les petits français sont maintenant très heureux de trouver un emploi à Londres. Il y a quinze ans, notre PIB était supérieur de 20% à celui de la Grande-Bretagne; il est maintenant inférieur de 15%, ce qui ne devait pas se produire en l’absence de fautes de gestion. A la lumière de ces quatre années de réflexion, de débat, il semble que la France ait détruit peu à peu tout ce qui fait le développement d’un pays: sa capacité de travail (retraite à 60 ans, 35 heures, sous-emploi des plus de 55 ans), la formation de ses élites intellectuelles et sa capacité d’innovation (éducation, recherche…). Parallèlement la qualité de ses services publics et de son système social se sont dégradés avec une augmentation perpétuelle des coûts pour des prestations en décroissance constante. Afin de financer ces déficits sociaux, le coût du travail a augmenté plus vite que celui de nos concurrents atteignant un niveau délirant, sans rapport avec le niveau de qualification plutôt modeste de notre main d’œuvre. La sanction d’un monde toujours plus ouvert et brutal est sans appel, la France décline inexorablement, plus vite, en tout cas que  ses partenaires européens occidentaux.

Les deux causes principales sont la culture française de l’Etat et l’incapacité des élites politiques du passé. La culture de l’Etat, c’est la tradition jacobine qui fait du raisonnement politique français, un raisonnement théorique plus attaché à l’égalité qu’à la liberté, faisant une place excessive aux lois, ignorant le plus souvent le marché et méprisant l’argent, arme pourtant essentielle pour améliorer la condition humaine. 

Nous avons laissé se scléroser notre système: charges salariales immenses pour des prestations toujours plus nombreuses et complexes qui découragent le travail et affaiblissent l’entreprise. Comme l’a bien analysé Jacques Marseille, la France est partagée en deux, d’un côté un secteur public hypertrophié et sous-productif, de l’autre un secteur privé rentable car fait de grandes entreprises qui ont depuis longtemps recouru aux délocalisations pour éviter les coûts de production excessifs en France.

Les élites françaises ont été incapables de proposer les réformes nécessaires par ignorance et par lâcheté, les deux étant impardonnables. Ignorance des mécanismes économiques en raison de leur formation intellectuelle dans les écoles de l’Etat (ENA…) lâcheté politique comme l’ont montré nos deux derniers présidents de la République qui avaient le choix entre réformer le pays au risque de déplaire ou continuer à flatter l’immobilisme, majoritaire dans le pays. Deux exemples de renoncements : la politique du ni-ni de François Mitterrand (Ni privatisation, ni nationalisation) et la garantie de ne pas toucher aux avantages acquis de Jacques Chirac.

La présidentielle a donc pour enjeu principal de rompre avec ce cercle vicieux et passera forcément par la réduction et la réorganisation du secteur public ; la simplification des institutions notamment par la réduction du nombre de niveaux d’administration, le développement du secteur privé, la réduction des redistributions au profit d’un système social qui pénalise moins l’entreprise et donc l’emploi; l’encouragement à travailler plus pour gagner plus

Pour cela, il faudra libéraliser le marché du travail, remettre les français au travail et les désintoxiquer de l’argent public, des prestations sociales et des interventions excessives d’un état impuissant à force de trop intervenir. Pour sauver un niveau suffisant de protection sociale il faudra renoncer à ses excès et y réinsuffler une dose de libéralisme.

Parmi les candidats, un seul esquisse le discours qui peut amener ces changements, c’est Nicolas Sarkozy.

Ségolène Royal a renoncé à rompre avec le socialisme et préconise, au mieux l’immobilisme, au pire le renforcement de l’Etat-Providence dont nous n’avons plus les moyens. François Bayrou pourrait laisser espérer une politique différente. Mais, bien qu’il stigmatise la dette, il est incapable de rompre avec la fièvre sociale de notre pays qui, à force de vouloir protéger les plus faibles, les condamnent au chômage et à l’appauvrissement. De plus, étant incapable de démontrer sa capacité à gouverner, le soutien qu’on lui porte ne peut être qu’une façon de modérer le soutien que l’on apporte à l’un ou l’autre des deux grands candidats; je ne peux pas m’y risquer…

Cette élection est donc l’élection du non-choix car jamais les choses à faire n’ont été si clairement établies par les analystes sérieux. Si le débat d’idées semble gagné par la droite, la mise en application reste à faire.

Se réformer ou accepter que le Fond Monétaire International soit amené à piloter notre économie, c’est l’enjeu de ces élections.

par Richard Douard publié dans : Opinion
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Mardi 27 mars 2007

 Qu’ai-je donc vu en ouvrant les yeux ?

Sur le plan National, les années Mitterrand puis les années Chirac ont précipité le déclin de la France; quelques signes m’ont alerté : la France perdait peu à peu des places dans le concert des nations. Au tournant du siècle, le Royaume-Uni l’a dépassé en PIB ; passé inaperçu, ce chiffre m’a beaucoup choqué parce que Renaud berçait ma jeunesse en se moquant de Madame Thatcher. La première guerre du golfe puis la deuxième ont montré le discrédit de notre défense, faisant se demander à Nicolas Baverez « Que vaut la volonté de paix d’un pays qui ne peut plus se battre ? ». Le déclin intérieur du pouvoir d’achat, le chômage endémique ont miné ma confiance dans notre pays. Enfin, les grèves auxquelles j’ai participé m’ont montré la fragilité d’une démocratie si vulnérable aux mouvements de rue, si inconséquente avec l’intérêt général alors que la constitution de la cinquième république donne tant de leviers à l’exécutif.

 

Sur le plan professionnel, depuis 2000 j’exerce en tant que chirurgien et enseignant. J’ai eu le loisir de constater la crise majeure que traversent nos administrations. Hypertrophiées, sclérosées, la haute qualité des personnels contraste avec leur démotivation et la sous-productivité structurelle qui en découle. J’en ai conclu que les plus pessimistes des déclinologues étaient, peut-être, parfois en dessous de la vérité. L’arrivée des 35 heures dans un milieu où le temps devrait être d’abord donné aux malades avant de l’être à l’Etat a achevé de forger ma décision : il fallait réagir.

Privilégié de par mon statut de fonctionnaire, protégé contre les risques de la vie, parmi les niveaux de rémunération les plus élevés dans la fonction publique, devrais-je jouir égoïstement de ces avantages alors que tout s’effondre dans une indifférence quasi-générale ?

S’engager à Paris aurait été le plus simple. Universitaire, dans la première ville universitaire de France, les occasions de débuter une carrière politique n’auraient pas manquées. Je n’y ai pourtant jamais pensé. Rochelais de souche, j’ai toujours été à cheval sur les deux villes, j’ai toujours voté ici et à la vie politique parisienne je ne me suis jamais intéressé.

C’est la situation locale qui m’a décidé au moment où ma prise de conscience du déclin national atteignait son paroxysme en 2002. A l’hôpital, le choc du 21 avril se préparait et j’assistais en direct, jour après jour, à la défaite de Lionel Jospin et à la montée de Jean-Marie Le Pen. A Paris, la ville a basculé à gauche mais je n’ai rien ressenti. Je ne doutais pas que la politique de Bertrand Delanoe allait être calamiteuse et je ne fus pas déçu mais ce n’était pas mon problème, je restais un citoyen de l’agglomération rochelaise. A La Rochelle, la situation se dégradait encore aux municipales avec l’écrasement de l’opposition dont les conséquences sont encore visibles à la veille de cette campagne législative Aucun leadership fort n’était à attendre de ces résultats et la suite m’a conforté dans cette opinion.

Pensant que nous avions touché le fond, j’ai pensé qu’il fallait participer à l’effort de redressement de cette opposition fragmentée. De ville modérée, nous étions devenus une ville socialiste dont la majorité était esclave de ses extrêmes vertes et rouges comme c’est toujours le cas en cas d’alliance avec l’intolérance. Ville du congrès du PS, championne de l’écologie expérimentale, de l’antilibéralisme, du clientélisme social, je n’ai rien de commun avec ceux qui dirigent cette ville.

Mon action s’est naturellement inscrite dans l’opposition et à la suite de cet engagement, j’ai décidé de me présenter aux suffrages des électeurs dans la première circonscription.

Ce n’est donc pas par hasard, ni sans motivation que l’on se détourne d’un métier prenant et difficile pour se battre pour des idées. C’est à mon sens un signe de gravité de la situation politique. Devant la faillite des professionnels de la politique, chaque citoyen doit réagir et s’engager.

Je ne sais pas si les choses peuvent encore changer mais je préfère être de ceux qui auront tentés de faire quelque chose.

 

 

 

par Richard Douard publié dans : Motivation politique
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Samedi 24 mars 2007

La première question qui vient à mes interlocuteurs est pourquoi s’engager en politique quand on a mis quinze ans pour réussir professionnellement ? Pourquoi mettre en péril ce que beaucoup voudraient avoir pour se lancer dans ce qui semble bien hasardeux ?

Les raisons de mon intérêt pour la politique sont certainement à chercher dans la culture de ma famille. Mon père, élu local, m’a montré l’exemple d’une politique à taille humaine. Maire d’une commune de la périphérie de La Rochelle depuis de nombreuses années, il n’a jamais perdu son indépendance et a toujours refusé ce que l’adhésion à un parti comporte de compromission. A la maison chaque élection était le prétexte à une réunion de quelques amis au cours d’une « soirée électorale » pour commenter les résultats. Enfant, j’ai vécu la victoire de François Mitterrand en direct puis celle de 1988 à laquelle je n’ai pas pu m’opposer par les urnes (il s’en est fallu de quelques mois). Au lycée, les grèves contre la loi Devaquet furent mes premiers combats. Non-gréviste militant, je pensais que la «sélection», tant décriée, était (et reste) la seule issue vers un enseignement supérieur plus efficace et de meilleure qualité. Ma préparation au concours de l’internat a été marquée par la campagne du référendum sur le traité de Maastricht. Interne, j’ai très vite adhéré au syndicat des internes des hôpitaux de Paris (SIHP). J’en ai démissionné au moment des grèves contre le plan Juppé. Cette réforme aurait probablement évité le dérapage des dépenses de santé qui n’est toujours pas contrôlé, pourtant la mobilisation de mes collègues a fait avorter le projet. Plus tard, en 2000 à la toute fin de mon internat, j’ai soutenu activement le mouvement pour la reconnaissance du repos de sécurité des internes. Cette mesure me semblait alors indispensable pour améliorer la qualité d’exercice des internes dont les conditions de travail restaient inchangées depuis des décennies.

Ces engagements étaient sincères mais individuels; je n’imaginais pas à l’époque solliciter un mandat; la chirurgie et la carrière universitaire, à Paris, me semblaient des objectifs merveilleux, hors d’atteinte et le travail nécessaire était immense, au-delà du raisonnable, au-delà de l’imaginable même. La passion est restée et ma nomination comme Maître de Conférence atteste de ma volonté continue de réussir dans ces deux métiers d’enseignant et de praticien.

Pourtant, avec les années, j’ai ouvert les yeux sur le monde et c’est pour cela qu’aujourd’hui je m’engage.

par Richard Douard publié dans : Motivation politique
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Jeudi 22 mars 2007

Je me suis engagé en politique en décembre 2002 afin de participer au renouvellement et à la reconstruction de l'opposition rochelaise. La création de l'association Vigilance et de son journal "Tribune Rochelaise" m'a permis de relancer le débat et de permettre aux adhérents de s'exprimer publiquement. Les réunions de l'association nous ont permis de discuter, de confronter nos idées. Les conférences publiques ont alimenté ces réflexions. Le journal fait à partir des contributions des membres de l'association a publié 8 numéros et 2 numéros hors-série à 30000 exemplaires entre le printemps 2003 et l'automne 2006. Le site a également été l'occasion pour plusieurs d'entre nous de communiquer nos idées et notre volonté de changement.

Après quatre années, j'ai décidé de me présenter au suffrage des électeurs de la première circonscription de La Rochelle-Ré lors des prochaines élections législatives après les présidentielles. Afin de ne pas créer de confusion, j'ai proposé de mettre en sommeil les activités de l'association.

Pour continuer à m'exprimer, ce blog est apparu indispensable pour rester en contact avec ceux qui s'intéressent à cette agglomération et donc à son avenir politique. 

A très bientôt

par Richard Douard publié dans : Présentation
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