Dimanche 15 avril 2007

En France, il existe deux grands modes de rémunération des médecins. Le paiement à l'acte pour les médecins libéraux et ceux du public ayant un secteur privé d'une part, le salariat pour les autres. Dans les deux cas, le tarif est fonction du conventionnement du praticien. Le secteur 1 c'est le tarif de la sécurité sociale, le secteur 2 peut être demandé par les anciens chef de clinique et donne droit à des dépassements d'honoraires conditionnés par le "tact et la mesure" des médecins. Les médecins salariés ont un revenu fixe et ne perçoivent d'honoraires que lorsqu'ils ont ouvert un secteur libéral à l'hôpital.

En pratique le revenu des médecins de secteur 1 ne peut augmenter que par la multiplication des actes, tant l'augmentation des tarifs n'a pas suivi l'augmentation du coût de la vie. Je laisse chacun méditer sur les conséquences de cette multiplication sur la qualité des soins pour les malades et la qualité d'exercice pour les médecins. Dans le secteur 2, le poids des charges incite les praticiens à prendre des dépassements et ce sont les malades qui financent l'augmentation des revenus sauf à prendre en compte le degré de remboursement par les mutuelles des malades ce qui n'est pas toujours le cas. Cet exercie en secteur 2 est lié à la formation initiale du praticien. Dans certaines spécialités (comme la chirurgie) presque tous les praticiens sont d'anciens chef de clinique et peuvent revendiquer ce secteur. Dans certaines spécialités, cela pose le problème de l'accès réel à des médecins secteur 1 pour les malades et celui d'une augmentation globale des coûts .  

Enfin dans le secteur privé des médecins hospitaliers, selon que l'on est soigné en secteur public ou en secteur privé il y a deux modes de rémunération, deux modes de prise en charge ( plus ou moins personnalisée, plus ou moins rapide...) ce qui pose, pour le moins, des questions éthiques. Ce secteur privé est la seule option pour les médecins hospitaliers pour augmenter leurs revenus dans un système de carrière basé sur l'ancienneté et non sur la compétence, la notoriété et le travail réellement accompli. C'est la façon de maintenir les médecins universitaires à l'hôpital et il existe un certain consensus chez les candidats à la présidentielle pour conserver ce système.  

par Richard Douard publié dans : Opinion
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
créer un photo blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus