Jeudi 19 avril 2007
 La création de la sécurité sociale avait généralisé les secteurs 1 avant que les tarifs ne soient presque gelés pour contenir les dépenses. Avec les dépassements, les coûts pour les malades et les revenus des médecins recommencent à augmenter; pourtant, les charges salariales pour financer le système social restent à un niveau très élevé alors que les coûts réellement payés par la plupart des malades ne cessent de croître. Notre système de sécurité sociale est donc particulièrement inégalitaire puisqu'il pénalise tous les salariés par le poids des prélèvements mais ne permet qu'aux plus favorisés d'avoir accès aux praticiens supposés les plus compétents. Le système ne garantit plus un remboursement suffisant et ne permet pas aux praticiens d'avoir un revenu acceptable compte tenu de leur investissement personnel: double échec, double injustice.

Le revenu des médecins est pourtant un élément important de l'attractivité de la profession et certaines spécialités peinent à recruter. Il faut donc permettre aux médecins d'avoir un revenu correspondant à leur formation, leur compétence, leur travail pour que la médecine redevienne attractive pour les étudiants courageux et motivés. Parallèlement, l'envol des coûts doit être maîtrisé car le risque maladie doit pouvoir être couvert par le couple sécurité sociale-mutuelle.

L'une des solutions est d'introduire, à côté de ceux déjà existants, d'autres modes de rémunération autres que le paiement à l'acte pour éviter la multiplication des actes. La garantie d'un revenu suffisant corrélé indirectement à l'activité, au développement de la production de soins, aux objectifs prévus est indispensable. Qu'on les appelle capitation, paiement à la pathologie, contractualisation, ces solutions doivent revaloriser les professions médicales sans alourdir les coûts pour le malade ou pour la société.

De nombreux pays plus libéraux que la France ont recouru à des solutions similaires. Le paiement à l'acte n'est pas une fin en soi quand il rend les médecins obligés de travailler toujours plus au risque d'une détérioration de la qualité des soins et de l'équilibre personnel. Le salariat est décourageant car il ne prend pas en compte l'activité; enfin, la mixité des modes de rémunération sur un même lieu de travail pose question.

C'est aux politiques d'aborder cette question vitale pour l'attractivité de la médecine et l'accès équitable à des soins de qualité.

par Richard Douard publié dans : Opinion
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