Lundi 23 avril 2007

Les enseignements du premier tour sont à mon sens de plusieurs ordres. Ils marquent autant un changement de génération politique (La fin de l’après-gaullisme dirait Nicolas Baverez) qu’une modification idéologique profonde. Je retiens six enseignements:

1.      La participation est à la hauteur de l’enjeu pour la France, c’est à dire rompre avec trente années d’immobilisme ou continuer dans la voie du déclin et du renoncement. Ce fort taux est un bon signe et montre que ceux qui exposent le déclin de la France ont été entendus.

2.      Le recul des candidats marginaux est un autre bon signe pour la classe politique qui semble avoir pris conscience du décalage entre les programmes affichés et les préoccupations réelles des Français.

3.      Le recul du score global de la gauche inférieur à 40% marque un recentrage de la vie politique française vers la droite.

4.      L’émergence d’un vote centriste est probablement lié à la faiblesse de la candidature socialiste mais exprime une tendance qui va peser dans le futur de la vie politique. En raison du déplacement à droite de l’échiquier politique, le centre va redevenir un terrain de lutte pour la gauche.

5.      Le Front National est une des victimes de ce déplacement vers la droite de l’échiquier politique. Il ne reste plus à cette formation que deux choix, tenter de se fondre dans une droite recomposée ce que le départ de Jacques Chirac, ennemie historique de Jean-Marie Le Pen, pourrait autoriser, ou alors poursuivre dans l’extrémisme et perdre peu à peu tout son électorat. Le changement de leader du FN sera l’occasion de ce choix entre ces deux stratégies.

6.      Enfin, les sondages ne se sont pas trompés pour deux raisons. (i) l’écart entre les candidats était important très largement supérieur aux marges d’erreur. (ii) C’est la faible participation de 2002 qui a été à la source des surprises. La forte mobilisation a profité aux deux grands candidats et non à l’un des deux.

La clé du deuxième tour sera la capacité de Nicolas Sarkozy à rassembler la droite dans son ensemble c’est à dire du centre au Front National. Cette gageure est la règle dans chaque camp lors d’un combat bipolaire.

Enfin, si une valeur reste absente de ce premier tour c’est bien la Liberté. Esquissé dans les programmes, le libéralisme reste inconnu des français et caché par les hommes politiques. La seule voix possible de redressement sera donc appliquée sans être nommée ou de redressement il n’y en aura pas.  

par Richard Douard publié dans : Analyse politique
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Commentaires

Aucun commentaire pour cet article

Trackbacks

Aucun trackback pour cet article
créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus