Blog de Richard Douard
Le récent combat sur le droit au logement a mis en lumière le décalage entre les salaires des Français et l'augmentation des prix de l'immobilier. Les salaires en France augmentent peu du fait de la faible croissance et du coût trop élevé du travail (lié notamment aux 35 heures et à la proportion supérieure de charges par rapport à nos concurrents). Parallèlement le marché de l'immobilier est dopé par les achats des étrangers qui acquièrent massivement des résidences secondaires dans certaines régions de France. Ainsi le coût de l'immobilier augmente plus vite que celui des salaires. C'est le cas dans la plupart des pays mais en France, alors que les salaires sont comparativement plus bas que dans le reste des pays développés de même niveau, l'incapacité à sa loger progresse, c'est pour l'instant inévitable. La réponse proposée par les socialistes est la loi SRU qui vise à inciter les communes à construire des logements sociaux. Cette politique de construction forcée s'attaque aux conséquences de notre déclin économique pas à ses causes. Il faut se garder de promettre aux Français que l'Etat va pouvoir compenser l'augmentation du coût du logement par une proportion accrue de logements sociaux, ce serait l'augmentation continue de notre dette.
A La Rochelle, plusieurs facteurs aggravent la situation. Notre région est très prisée par les Anglais et par les parisiens, deux populations au pouvoir d'achat supérieur à celui de notre agglomération. Ainsi l'attractivité de notre région est responsable d'une augmentation particulièrement élevée du coût de l'immobilier pour ceux qui habitent ici. Le développement ambitieux de la politique de logement social de la ville est également en cause puisqu'elle a raréfié les logements non sociaux.
La politique du logement passera par le logement social mais le pivot de cette politique sera l'augmentation du pouvoir d'achat, c'est à dire la diminution du coût du travail, seul vecteur capable de relancer l'emploi et donc les salaires. Il faut se garder de juger les mesures sur les principes pour ne retenir que les effets concrets, c'est la seule manière d'envisager la politique avec lucidité et honnêteté
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