Jeudi 3 avril 2008

Alors qu'un peu de temps est passé depuis les élections municipales et cantonales, essayons de distinguer les conséquences de ces scrutins sur le physionomie de l'agglomération rochelaise.
Dans le ville-centre, ce sont les élections municipales qui sont riches d'enseignement. Malgré la présence de 3 listes d'extrême-gauche totalisant 6% Maxime Bono a été réélu au premier tour avec près de 58% des voix. Parallèlement les scores des listes d'opposition sont bas comme prévu. Le Modem obtient 2 sièges et la liste UMP 6. Sur le papier c'est un meilleur résultat que la dernière fois. En réalité, il est difficile de masquer l'étendue du désastre. Un an après avoir obtenu près de 45% lors d'une élection législative au lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy, le score de la liste UMP est une sanction sans appel contre les méthodes et les personnalités qui dirigent la liste UMP. Plus que jamais la recomposition de l'opposition rochelaise est urgente.
Le Modem est stable par rapport au scrutin législatif ce qui est une bonne performance probablement aidée par la faiblesse de la liste UMP.
Ce qui est plus grave c'est que les scrutins municipaux de l'agglomération ont vu les listes de Gauche progresser et ne laisser que peu de place à l'opposition. Bien sûr ce scrutin se déroulait dans un vent de mécontentement qui a sans doute joué contre l'opposition. Néanmoins, l'analyse plus fine des scores montre une abstention record avec une diminution des voix de Droite sans progression notable des voix de Gauche. C'est bien la droite qui a perdu ces élections. Tout se passe comme si la mauvaise image de l'opposition rochelaise rejaillissait sur les listes de la périphérie.
La Rochelle et son agglomération sont donc durablement ancrés à Gauche et l'on voit mal dans l'immédiat comment échapper à cette réalité.
Il est temps de se rassembler pour peser sur le débat local d'abord au sein de l'opposition avant d'espérer disputer la place aux socialistes. C'est un long chemin qu'il faudra accomplir.

par Richard Douard publié dans : Analyse politique
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Vendredi 28 décembre 2007
Après les élections législatives, le décor était planté pour que le gouvernement se mette au travail. Le temps n’était plus aux projets mais à l’action. J’ai donc comme vous tous observé l’action de ceux qui nous dirigent. Si le style présidentiel marque bien une rupture avec le passé, l’action a aussi été au rendez-vous. Tout n’a pas été fait, tout n’a pas été réussi mais la volonté de réforme est présente. Je n’ai pas souhaité alimenter les critiques qui accompagnent toute action gouvernementale. Cela ne signifie pas que pendant ces 6 mois, j’ai toujours été enchanté par les décisions, méthodes ou prises de position du pouvoir en place. Pourtant j’apporte mon soutien à ce gouvernement d’autant qu’il n’y a dans le pays aucune alternative politique crédible. En dehors du Président, il n’y a rien, la réalisation de l’ouverture ayant détruit le peu d’opposition qui existait encore.
Pourtant, j’aspire à plus de réformes et surtout à aller plus loin dans celles de l’Etat. Les réformes de structure ont été débutées mais à un rythme ralenti. Elles doivent se poursuivre pour permettre la réduction du train de vie de l’Etat, préalable indispensable au désendettement et à l’obtention de marges de manœuvre budgétaires. Entre autres citons la simplification de notre fiscalité, de nos règles sociales, de notre droit du travail et enfin de nos institutions territoriales. Le nombre excessif de niveaux institutionnels est une source de dépenses et de dilution des responsabilités politiques. Quant aux institutions politiques, je formule les mêmes souhaits qu’au cours de campagne électorale, moins d’élus, plus responsables et plus de contre-pouvoirs. A la différence de la gauche, je ne crois pas que plus d’élus signifie plus de démocratie, c’est surtout moins de responsabilité pour chacun…
Je souhaite donc que cette année 2008 s’accompagne de nombreuses réformes et que le plus grand nombre prenne conscience de leur nécessité.
Je vous présente à tous mes meilleurs vœux pour la nouvelle année
par Richard Douard publié dans : Analyse politique
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Mardi 5 juin 2007

Cette élection est l'occasion pour les partis d'être représentés et de faire fructifier leurs affaires. Chaque mouvement va recevoir des subsides de l'Etat en fonction du nombre de candidats présentés et du nombre de voix recueillies. Ce système de financement public est très largement soutenu par les appareils politiques au nom de la transparence. Pourtant, ce système entraîne de nombreuses candidatures "automatiques" ayant pour seul but de représenter chaque formation parfois même sans implantation locale véritable.

Pour les plus grandes formations, c'est l'occasion de recueillir dans chaque circonscription les voix qui se sont portées lors des présidentielles sur leurs candidats. La lecture des bulletins de vote récemment reçus par les électeurs est très claire là-dessus. Le logo des partis est largement mentionné au risque de voir ces bulletins se transformer en enseignes publicitaires.

Quelle place reste-t-il à la réflexion personnelle du député et donc au choix réel des citoyens?

La présentation pour le moins réduite des candidats par les médias (Compte tenu du nombre le contraire aurait été un exploit) ne favorise en rien un véritable débat.

Cette élection risque de se réduire à une opposition de clones des différents leaders nationaux.

La démocratie n'est pas seulement le vote libre pour des candidats librement déclarés, c'est aussi le débat et le choix entre différentes personnes. Sans débat réel, il reste le choix entre différentes formations et leur langage officiel.
Au cours de cette campagne, bien que mon positionnement soit clair, je tente d'apporter une note personnelle au débat. La politique reste à mon sens un combat d'hommes et de femmes et non seulement un combat de clones.

 

par Richard Douard publié dans : Analyse politique
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Lundi 23 avril 2007

Les enseignements du premier tour sont à mon sens de plusieurs ordres. Ils marquent autant un changement de génération politique (La fin de l’après-gaullisme dirait Nicolas Baverez) qu’une modification idéologique profonde. Je retiens six enseignements:

1.      La participation est à la hauteur de l’enjeu pour la France, c’est à dire rompre avec trente années d’immobilisme ou continuer dans la voie du déclin et du renoncement. Ce fort taux est un bon signe et montre que ceux qui exposent le déclin de la France ont été entendus.

2.      Le recul des candidats marginaux est un autre bon signe pour la classe politique qui semble avoir pris conscience du décalage entre les programmes affichés et les préoccupations réelles des Français.

3.      Le recul du score global de la gauche inférieur à 40% marque un recentrage de la vie politique française vers la droite.

4.      L’émergence d’un vote centriste est probablement lié à la faiblesse de la candidature socialiste mais exprime une tendance qui va peser dans le futur de la vie politique. En raison du déplacement à droite de l’échiquier politique, le centre va redevenir un terrain de lutte pour la gauche.

5.      Le Front National est une des victimes de ce déplacement vers la droite de l’échiquier politique. Il ne reste plus à cette formation que deux choix, tenter de se fondre dans une droite recomposée ce que le départ de Jacques Chirac, ennemie historique de Jean-Marie Le Pen, pourrait autoriser, ou alors poursuivre dans l’extrémisme et perdre peu à peu tout son électorat. Le changement de leader du FN sera l’occasion de ce choix entre ces deux stratégies.

6.      Enfin, les sondages ne se sont pas trompés pour deux raisons. (i) l’écart entre les candidats était important très largement supérieur aux marges d’erreur. (ii) C’est la faible participation de 2002 qui a été à la source des surprises. La forte mobilisation a profité aux deux grands candidats et non à l’un des deux.

La clé du deuxième tour sera la capacité de Nicolas Sarkozy à rassembler la droite dans son ensemble c’est à dire du centre au Front National. Cette gageure est la règle dans chaque camp lors d’un combat bipolaire.

Enfin, si une valeur reste absente de ce premier tour c’est bien la Liberté. Esquissé dans les programmes, le libéralisme reste inconnu des français et caché par les hommes politiques. La seule voix possible de redressement sera donc appliquée sans être nommée ou de redressement il n’y en aura pas.  

par Richard Douard publié dans : Analyse politique
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